152 expatriés maliens dont deux femmes ont regagné Bamako : « Beaucoup de nos compatriotes ont laissé la vie là-bas… »

Ils étaient au nombre de 152 expatriés maliens dont deux femmes à regagner Bamako dans la nuit du mercredi dernier. Ils ont été accueillis  à leur descente d’avion par le Chef de cabinet du Ministère des Maliens de l’Extérieur, Moussa Aliou Koné, l’ambassadeur du Mali en Libye, Amadou Touré, le staff de l’OIM ainsi que des agents de la police nationale et de la protection civile.

C’est aux environs de 22 heures 40 minutes que le vol Nouvelair, affrété par l‘Organisation Internationale de la Migration (OIM), a atterri à l’aéroport international Président Modibo Keïta. Tous en survêtements noirs, ces migrants ont été chaleureusement accueillis par les autorités à leur arrivée. Un retour qui a été réalisé grâce aux efforts du ministère des maliens de l’extérieur en partenariat avec l’OIM. C’est un véritable ouf de soulagement pour ces jeunes qui avaient choisi la migration, précisément la Libye, pour la recherche d’un avenir meilleur et qui ont vécu l’enfer dans les centres de détention de Sabrata. « Un soir dans mon foyer, aux environs de 22h, au moment où  il pleuvait même, ils sont venus m’arrêter et m’ont enfermé,  j’ai fait trois mois en prison sans motif. C’était un moment pénible, j’ai perdu tout ce que j’avais. Mais, par la grâce de Dieu et des autorités maliennes, nous sommes de retour aujourd’hui. Beaucoup de nos compatriotes ont laissé la vie là-bas », a expliqué Massalé Traoré, originaire de Kayes.

Un autre migrant du nom de Souleymane Cissé, s’est réjoui de ce retour et a conseillé aux jeunes d’abandonner l’idée de la migration.  « Je conseille à tous les jeunes qui songent à partir en Libye, de rester ici au Mali, car une fois arrivé là-bas, ils vous enferment et vous  torturent. Le plus dur était de savoir qu’on a été arrêté sans motif. Aujourd’hui, nous remercions notre ambassadeur qui a réuni tous les moyens pour nous faire revenir au pays et  je suis content d’être de retour ».

Le représentant du ministre Abdrahamane Sylla, venu accueillir ces migrants, dans une interview accordée à la presse, dira que l’objectif du gouvernement malien est de ramener tous les Maliens qui se trouvent dans les centres de détention. Selon le Chef de cabinet, après ces 152 migrants, 60 autres devront arriver par vol le commercial de la Royal Air Maroc le 13 décembre. « Je pense qu’avant la fin de l’année, nous aurons au moins trois à quatre rotations que l’OIM va effectuer. Donc c’est l‘occasion pour moi aujourd’hui de remercier l’appui et le partenariat de l’OIM, qui a affrété cet avion, pour que nos migrants puissent arriver à bon port. Le gouvernement déploie vraiment des efforts pour faire venir tous les Maliens en détresse en Libye. On a été informé que plus de 250 familles maliennes en Libye sont candidates au retour volontaire. Nous sommes en train d’explorer les voies et moyens pour qu’elles puissent aussi rentrer dans les meilleures conditions », a déclaré Moussa Aliou Koné.

«Tous ceux qui viennent d’arriver à Bamako étaient détenus à  Sabrata »

Selon l’Ambassadeur du Mali en Libye, Amadou Touré, ces migrants étaient détenus à Sabrata, situé à  60 km de Tripoli, ce sont des jeunes qui ont été transférés de Sabrata  à Tripoli avec le concours du gouvernement d’entente nationale (GEN). Il ajoutera que, lorsque le GEN a transféré nos compatriotes, il a fait appel à l’ambassade pour les identifier et établir des pièces d’identité. «Après leur identification, le GEN les a mis à notre disposition en partenariat  avec l’OIM. Je tiens à souligner aussi  que  tout  ce que nous voyons à la presse à propos de l’esclavage, ce sont des faits isolés même s‘il faut les  dénoncer avec la dernière rigueur. Souvent certains pensent que quand vous partez au bout des carrefours en Libye, ce sont des marchés d’esclavage alors que ce n’est pas le cas. Ce sont  les agissements des groupes isolés et incontrôlés », a rassuré l’ambassadeur Touré avant de remercier l’OIM pour sa contribution pour le retour de ces migrants au bercail.

Bintou Diarra, stagiaire


Source : Le Challenger

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