Association des femmes des Affaires étrangères : PLAIDOYER POUR LE LEADERSHIP DES FEMMES

Au ministère des Affaires étrangères, une seule femme est directrice sur 14 et 3 autres sont chefs de département sur 38

Dans le cadre des festivités de la Journée internationale de la femme, l’Association des femmes du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine (AFAE), a organisé vendredi une conférence-débat dans les locaux du département. Celle-ci s’est tenue sur le double thèmes : « restitution des conclusions du dialogue de haut niveau pour la promotion du leadership des femmes dans les questions de paix et de sécurité dans les pays du G5 Sahel » et « Rôle de la femme dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix au Mali ».

Parmi les invités présents figuraient le ministre en charge des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, la présidente de l’AFAE, Mme Coulibaly Binta Traoré, le point focal du G5 Sahel, Abdoulaye Bah et une représentante de ONU femmes, Marie-Josée Kandanga. L’objectif de la conférence était de permettre aux femmes de mieux comprendre et s’approprier des conclusions du dialogue de haut niveau pour la promotion du leadership féminin dans les questions de paix et de sécurité dans les pays du G5 Sahel. Il s’agissait aussi de célébrer les femmes des Affaires étrangères. La présidente de l’AFAE a rappelé que l’un des objectifs fondamentaux du 8 mars est d’échanger et d’agir ensemble pour accélérer l’évolution de la femme et de soutenir le grand courant de leur libération politique et économique.

Elle a souligné que des progrès ont été enregistrés, en matière de promotion de la femme. Mais des obstacles entravent le plein épanouissement, notamment dans le domaine politique et de l’emploi. Les pratiques discriminatoires, un partage inégal des responsabilités au sein de la famille et du ménage, une faible représentativité des femmes dans les postes de responsabilité, constituent aussi des handicaps. La présidente de l’association a expliqué que les inégalités sont persistantes aussi bien dans la sphère publique que privée. Les statistiques du ministère des Affaires étrangères sont implacables. Une seule femme est directrice sur 14 et 3 autres sont chefs de département sur 38. En outre, seulement 9 femmes sont chefs de section sur 57.

Par ailleurs, elle s’est réjouie de la nomination de certaines d’entre elles à des postes de responsabilité en 2016 et 2017. La conférencière a aussi attiré l’attention sur le cas des femmes, ayant plus de 10 ans d’ancienneté, et qui n’ont jamais bénéficié de promotion, ni à l’intérieur, ni dans les missions diplomatiques et consulaires. Abdoulaye Diop a salué la contribution des Maliennes pour l’avènement de la paix dans notre pays et les actions, en faveur de l’autonomisation. Il a rappelé que le genre étant une question importante, son département se battra pour améliorer les indicateurs, faire en sorte que les femmes occupent plus de postes de responsabilité et puissent être prises en compte dans les nominations. Il a aussi rappelé que dans les dernières nominations, le quota des 30% a été respecté.

Par ailleurs, le ministre Diop a souligné que la question de la promotion de la femme est une donnée essentielle pour la présidence malienne du G5 Sahel. Il a rappelé qu’une feuille de route a été adoptée par les femmes pour définir les modalités, la vision et les actions à mener pour une plus grande implication des femmes sur les questions de paix et de sécurité. En tant que président du conseil des ministres du G5 Sahel, il a promis d’œuvrer pour que les Maliennes soient au devant à l’échelle sous régionale. Il a réitéré l’engagement du gouvernement à mettre la question du genre, la promotion de la femme, les droits politiques, économiques et sociaux au centre des préoccupations dans notre pays et en Afrique. Le point focal G5 dans sa communication a fait une brève présentation de son organisation.

Il a rappelé les facteurs incitatifs de la radicalisation, les actions du G5, en matière de prévention et de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent. La représentante de l’ONU femmes, a fait un survol de la participation des femmes dans les processus de paix, leur rôle dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation et les mécanismes en cours pour renforcer cette participation.

A. D. SISSOKO


Source : L’Essor

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