Grève du SNESUP : LA LIGNE DURE

Le Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SNESUP), observe depuis hier une grève illimitée. Les syndicalistes sont décidés à observer cet arrêt de travail jusqu’à la satisfaction totale de leurs points de revendication au nombre de 7. Ce débrayage intervient après l’échec des négociations de mars dernier, entre le gouvernement et les responsables du SNESUP.

Notre équipe de reportage a sillonné quelques structures universitaires  de Bamako pour constater de visu l’effectivité du mouvement de débrayage. Dans les facultés de droit privé (FDPRI), des sciences économiques de gestion (FSEG), des sciences et techniques (FST), de droit public (FDPU) et à l’Ecole nationale d’ingénieurs Abderhamane Baba Touré (ENI-ABT), les enseignants étaient absents et les amphithéâtres vides. Par contre, partout, l’administration universitaire était présente.

Dans certains établissements universitaires, des étudiants étaient venus faire des exercices et dans d’autres les membres des comités de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), dévisaient autour d’un thé.
Le mot d’ordre de grève est largement suivi pour l’instant au niveau des établissements universitaires que nous avons visités. Les syndicalistes déplorent l’attitude du gouvernement. Le vice-doyen de la FDPRI, Kissima Gakou explique que le gouvernement a commis l’erreur de minimiser le mouvement des enseignants et l’invite à s’asseoir à la table de négociations avec les grévistes. Les perturbations actuelles enregistrées dans l’espace universitaire provoquent la colère des étudiants. Ils étalent leur amertume devant quiconque les interroge. « Nous souhaitons que le gouvernement trouve rapidement une solution à cette grève illimitée, car les étudiants sont les premières victimes de cet arrêt de travail », plaide Mahamadou Bouaré, secrétaire général du comité AEEM de la FSEG. Celui-ci précisera aussi que la grève illimitée des enseignants hypothèque l’avenir du système Licence-master-doctorat (LMD) ».

Ismaïla Koné est un professeur d’enseignement supérieur. Il déplore le fait que la grève des enseignants ne soit pas au cœur des discussions au sommet de l’Etat avant d’inviter le gouvernement à honorer ses engagements. « Si les enseignants ne sont pas mis dans de bonnes conditions, l’avenir des enfants en pâtira », note-t-il.

Le secrétaire général du SNESUP, Dr Abdou Mallé rappelle que  le syndicat a 7 points de revendications, et précise que le premier point de revendication et le  troisième constituent des points de blocage. En d’autres termes, il s’agit de la signature du rapport de la commission tripartite et l’application de la grille plafond 3000 et plancher 1368 et le point relatif au nouveau « statut » appelé enseignant/chercheur. Le responsable syndical ne ferme pas la porte aux négociations. « Nous attendons les propositions de sortie de crise  du gouvernement », assure-t-il.

« Nous étions mis au parfum de la grève illimitée du SNESUP. Mais les négociations avec les premiers responsables du mouvement ont échoué car la grille plafond a été le point de discorde » explique un cadre du  ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Un rappel des doléances s’impose pour mieux comprendre. En sus des points de revendication cités plus haut, le syndicat réclame aussi l’intégration immédiate dans la Fonction publique des contractuels payés sur les budgets autonomes des structures de l’enseignement supérieur.  A ces doléances, se greffe aussi l’adoption immédiate du nouveau statut « enseignant-chercheur » avec les 4 fonctions (assistant ou attaché de recherche, maitre assistant ou chargé de recherche, maitres de conférences/ maitres de recherche, professeur/ directeur de recherche).

Par ailleurs, les syndicalistes sont également décidés à obtenir les charges honoraires actuelles en semestre, la transposition des assistants/attachés de recherche docteurs, dans le corps des maîtres assistants/chargés de recherche.

Les autres points de revendications du SNESUP sont relatifs à la nomination immédiate des agents fonctionnaires de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, omis de la hiérarchisation du 6 juin 2015, la capitalisation des publications des chercheurs de l’Institut d’économie rurale (IER), recrutés en 2008 pour leur juste transposition.
Le rétablissement immédiat du fonds « études et recherche » conformément au protocole d’accord du 13 mai 2016, le paiement immédiat des arriérés d’heures supplémentaires des années universitaires 2013-2014 et 2014-2015 aux enseignants de l’Institut universitaire de gestion (IUG) et l’éradication totale de la violence dans l’espace scolaire et universitaire figurent également parmi les doléances.

Sidi Y. WAGUE

Source : L’Essor

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