Grève santé, action sociale et promotion de la femme : LES ETABLISSEMENTS DE SANTE TOURNENT AU RALENTI

Le service minimum est assuré dans les établissements hospitaliers

L’arrêt de travail des blouses blanches ne se traduit pas par une augmentation du nombre de décès

Nos compatriotes, notamment ceux qui ont de faibles revenus sont durement affectés par l’arrêt de travail dans les établissements de soins. Il faut rappeler que le même débrayage est observé dans les services du développement social et de la promotion de la femme depuis le 9 mars dernier. Nous sommes donc aujourd’hui au 13è jour de la grève illimitée déclenchée par le Syndicat national de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PF) et la Fédération des syndicats de la santé et de l’action sociale (FESYSAM).

L’opinion continue de s’interroger sur la façon dont est géré ce débrayage des blouses blanches et s’alarmer des rumeurs qui circulent sur une éventuelle augmentation des cas de décès. Heureusement, il n’en est rien pour l’instant. Toutes les administrations hospitalières que nous approchées ont confirmé qu’il n’y a pas de décès lié à la grève (même si elles sont restées moins loquaces sur les statistiques de ces derniers jours). Dans les centres hospitalo-universitaires (CHU) de Kati, Point G, Gabriel Touré et l’IOTA, notre équipe de reportage a pu dresser le même constat. Dans ces différents établissements hospitaliers, les dispositions ont été prises pour assurer le service minimum, conformément à loi n° 87-47/An-RM qui détermine l’exercice du droit de grève dans les établissements publics hospitaliers.

Les spécialistes indiquent que l’article 16 de cette disposition juridique stipule que toute personne qui ne défère pas à un ordre d’exécution du service minimum ou qui, sciemment, se soustrait à l’exécution de cette tâche peut être sanctionnée en dehors des garanties disciplinaires. Sur ce point, syndicalistes et administrations hospitalières sont sur la même longueur d’onde. Les premiers exigent même de leurs militants, le respect strict du service minimum. Par ailleurs, dans les différents établissements de soins, des équipes de garde sont déployées pour soulager éventuellement les malades hospitalisés et les urgences qui pourraient être référées dans ces établissements. Au CHU de Kati, le directeur général de l’établissement, Mamadou Sogoba assure travailler selon la lettre et l’esprit des textes. Conformément à la réglementation, nous avons pris les dispositions pour organiser le service minimum. Il mentionne également l’attitude responsable des syndicalistes de son hôpital.

Pour sa part, le secrétaire général du comité syndical de l’établissement, Aliou Badra Maïga a confirmé que son hôpital n’a enregistré aucun décès lié au débrayage. A l’hôpital du Point G, le régisseur de la morgue joint au téléphone par un de ses collègues a battu en brèche les rumeurs d’une augmentation du taux de mortalité. Dans le service d’imagerie médicale, le major de l’unité s’était endormi et une de ses jeunes collègues à l’accueil se tournait les pouces. A Gabriel Touré, le visiteur pouvait établir de lui-même les conséquences du débrayage sur l’affluence des malades et autres usagers dans cet hôpital. Le Service d’accueil des urgences (SAU), fonctionnait à plein régime et faisait face à des urgences qui lui sont adressées.

A la pédiatrie, une équipe médicale s’employait à administrer des soins aux tout-petits. Le directeur général de cet hôpital central (du fait de sa position géographique et des nombreux spécialistes qui y officient), Kassoum Sanongo analyse la situation. Pour lui, « puisque les gens ne viennent même pas à l’hôpital, il ne peut pas y avoir plus de morts que d’habitude ». Le raisonnement semble inattaquable. Mais il a ténu à lever toute équivoque sur la question. « Nous n’avons enregistré aucun décès du fait de la grève ». A l’Institut d’ophtalmologie tropicale d’Afrique (IOTA), les médecins militaires de l’établissement ne suivent pas le mot d’ordre de grève.

L’un d’entre eux explique que le statut militaire à ses contraintes. Il ressort même de commentaires de syndicalistes que l’option de mettre des médecins militaires dans les structures hospitalières a été envisagée par les autorités. Mais il n’y a pas suffisamment de praticiens dans l’Armée pour couvrir tout le pays. Il y a aujourd’hui une nouvelle donne dans la grève illimitée. L’hôpital Mère-enfant a rejoint le mouvement de débrayage. Les syndicalistes de cet établissement hospitalier ont saisi par une correspondance le bureau exécutif national du SNS-AS-PF pour exprimer leur adhésion à la grève illimitée.

Le secrétaire général du SNS-AS-PF, le Pr Mamady Kané exprime la détermination des deux organisations syndicales à aller jusqu’au bout. Il rappelle qu’ils (les syndicalistes) ont reçu le chef de file de l’opposition et le bureau exécutif du Rassemblement pour le Mali (RPM), et le Réseau des communicateurs traditionnels (RECOTRAD). Mais ces différentes rencontres n’ont pas permis de faire bouger les lignes. Le Pr Kané est clair sur la position des syndicats. « Nous ne sommes pas dans une logique de faire une grève sauvage. On ne donnera aucun prétexte pour aller dans ce sens. Nous sommes des responsables et si on tombe dans l’illégalité, on aura plus de protection ». En d’autres termes, le service minimum continuera d’être assuré partout.

B. DOUMBIA


Source : L’Essor

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