«Je vous ai compris» : Macron répond à la polémique sur la colonisation

VIDÉO – Le candidat à la présidentielle a paraphrasé samedi le général de Gaulle pendant la guerre d’Algérie pour répondre à la polémique sur ses propos sur la colonisation «crime contre l’humanité». Il a reconnu «avoir blessé» de nombreux pieds-noirs.

De notre envoyé spécial en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Alors que sa sortie sur la colonisation française en Algérie l’a plongé dans une polémique dont il ne parvient pas à s’extraire, Emmanuel Macron a tenté d’éteindre l’incendie ce samedi à Toulon (Var). A la tribune du Zénith, où il tenait un meeting devant 1200 personnes (contre les 2000 initialement annoncées par En Marche!), le candidat a effectué une sorte de mea culpa auprès de ceux qui avaient été heurtés par ses mots. Cela a commencé par un retrait habile de l’expression «crime contre l’humanité», remplacée dans son discours par la plus factuelle et plus consensuelle «crime contre l’humain».

achève enfin sa charge contre : « (…) qui critique ouvertement la justice quand elle ne fait plus ses affaires » (3/3)pic.twitter.com/UooVmjepj1

Colonisation : ni vu ni connu, Emmanuel ne parle désormais plus de « crime contre l’humanité » mais de « crime contre l’humain » pic.twitter.com/fJG4FUxqD9

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L’ancien ministre a d’abord prévenu: «Je ne vais pas retirer mes propos, m’excuser, ou faire moi-même de la repentance». Avant de se contredire dans la foulée. «Mais en même temps, parce que toutes ces mémoires sont complexes, parce qu’il y a ce fracas des mémoires, je sais que j’ai blessé (…) (et) je suis désolé de vous avoir blessés, de vous avoir offensés, de vous avoir fait du mal. (…) Pardon pour les passionnés, pardon de vous avoir fait mal, parce que ça n’est pas ce que je voulais».

«Ne jamais céder à la haine»

De même, s’adressant «aux rapatriés, aux harkis, et aux anciens soldats», l’ancien ministre a estimé que «la responsabilité de la France était de les réconcilier», mais il les a exhortés à «ne jamais céder à la haine». Une allusion aux débordements intervenus en marge de la manifestation organisée par le FN local pour protester contre sa venue. «Cette haine, ce ressentiment que vous pouviez avoir, cette peur et cette frustration, elle a été récupérée, ici dans ces terres, on l’a vu dehors, par des marchands de la haine. Et ceux-là, depuis tant de décennies, vous manipulent, vous laissent croire qu’une partie de la France devrait se construire contre l’autre, qu’il faut désigner des ennemis et vivre contre ceux-là», a-t-il dit.

Enfin, et alors qu’il n’avait selon ses proches pas de discours écrit, Emmanuel Macron a paraphrasé le général de Gaulle. «Ma responsabilité, c’est de casser ces blocages. (…) Donc je le dis aujourd’hui, à chacun et chacune dans vos conditions, dans vos histoires, dans vos traumatismes, parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime. Parce que la République elle doit aimer chacun! Voilà, les amis, ce que je voulais vous dire. J’en ai blessé, je le sais, pour de mauvaises raisons: je les regarde dans les yeux et je leur dis que je les aime», a-t-il conclu. Il n’en fallait pas plus pour que la salle en partie vide, où ses propos avaient sonné creux pendant la quasi-totalité de son discours de plus d’une heure, s’enflamme. «Macron président!», ont-ils entonné aussitôt.

Par Arthur Berdah

Source : http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/02/18/35003-20170218ARTFIG00146-je-vous-ai-compris-macron-repond-a-la-polemique-sur-la-colonisation.php

 

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