Match Mali-Mauritanie : La Commission Sécurité a, une fois de plus, failli

Match Mali-Mauritanie : La Commission Sécurité a, une fois de plus, failli

 Le match retour des éliminatoires du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) qui a consacré l’élimination des Aigles locaux a enregistré des incidents. Les arbitres Egyptiens, accusés de partialité, ont été la cible des supporters maliens mécontents. Et pour l’une des rares fois le trio arbitral et l’équipe adverse n’ont pas pu rejoindre les vestiaires à la mi-temps. La médiocrité de la commission sécurité est passée par là.

L’une des notions élémentaires du maintien d’ordre demeure l’anticipation, pour éviter tout dérapage. La commission sécurité de la Fédération Malienne de Football semble ignorer ce principe, pourtant très clair. Et cela compte tenu du climat délétère qui prévaut au Mali ces derniers temps. Mieux apparemment les incidents du match Mali Gabon n’ont pas servi de leçons à ladite commission.

A l’époque nous avons décrié une défaillance, mais pour la rencontre du samedi dernier, c’est plutôt une médiocrité qui est le terme approprié pour qualifier l’amateurisme de la commission sécurité. Que s’est-il passé ? Suite aux mauvaises appréciations du trio arbitral Egyptiens face à certaines actions des Aigles locaux, le public s’est déchainé et procéda par des jets de projectiles, provoquant l’arrêt du match durant plusieurs minutes. Cela est fréquent dans nos stades. Mais si la commission sécurité de la Femafoot avait eu le sens de l’anticipation, elle aurait dû canaliser les incidents. Malheureusement le président autoproclamé de ladite commission le commandant Mohamed Samaké dit Mao a brillé par sa carence, en matière de maintien d’ordre. Il aurait dû prendre des dispositions en amont. Et l’on n’a pas besoin de sortir d’une école de maintien de la paix, pour comprendre que tous les matchs du Mali, à domicile constituent des risques. Et puis comment la commission sécurité peut placer des policiers dans la main courante, alors que les projectiles proviennent des tribunes, donc surplombent les forces de l’ordre qui ne peuvent rien. Pourtant un dispositif important dans les gradins pouvait quand même être un facteur dissuasif pour les fauteurs de troubles, au pire des cas les dégâts seraient limités. En tout cas nous n’avons pas souvenance que l’une des équipes, et le corps arbitral n’ont pas pu rejoindre les vestiaires à la mi-temps à cause des incidents. Cela est arrivé le samedi dernier, parce que la commission sécurité a failli à son devoir : c’est-à-dire sécuriser le stade avant, pendant et après le match.

Le commandant Mao désemparé par la tournure des événements s’est vu gentiment repoussé par l’arbitre central Egyptien, quand il est venu demander à ce dernier de lui suivre pour qu’ils rejoignent les vestiaires. Parce que le trio arbitral a vite compris que le dispositif de sécurité mis en place est défaillant. Et suivre le chef de la sécurité dans ces conditions, c’est contribuer à son propre malheur. Le public était déchainé, et prêt à tout.

La fin du match a été pire. Et pour ne rien arrangé on a profité de nouveaux incidents pour bombarder le public, par des gaz lacrymogènes. Bilan : de nombreux blessés dans les bousculades. Des mesures salvatrices et des dispositions de sécurité doivent dorénavant être prises pour éviter de tels dérapages. Parce que le Mali n’est pas à l’abri d’une sanction, suite aux comportements du public.

La Commission de sécurité de la Femafoot est chargée : d’examiner de façon générale toutes questions relatives à la sécurité avant, pendant et après les rencontres ; de rechercher toutes mesures pouvant contribuer à renforcer la sécurité lors des rencontres de football ; d’entretenir de bons rapports avec les autorités chargées du maintien d’ordre ; de veiller conjointement avec la Commission Centrale d’Organisation et le Secrétariat Général à la bonne organisation des matches ; de veiller à l’exécution correcte des tâches assignées aux contrôleurs et superviseurs aux entrées des stades.

Moussa Samba Diallo

Source : Le Républicain

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