Photographie : COMMEMORATION DU DECES DE MALICK SIDIBE

L’exposition a présenté une vingtaine d’œuvres connues ou inédites du célèbre photographe

L’espace culturel le San Toro a accueilli deux semaines durant l’exposition d’une série de photos de Malick Sidibé. Il s’agit de la première commémoration de l’anniversaire du décès du grand artiste malien. Intitulé « 1 an déjà… », cette exposition présente une vingtaine d’œuvres connues ou inédites .

Le célèbre photographe Malick Sidibé est décédé le 14 avril 2016. Cette commémoration rend hommage à l’artiste, mais aussi à la promotrice du San Toro Mme Aminata Dramane Traoré et sa fille Awa Méïté, initiatrice de cette manifestation. Selon le Colonel Satigui Sidibé représentant de la famille de Malick, il convient de rendre hommage à Ami, cette grande dame de la culture malienne et à ses enfants qui n’ont pas oublié leur frère.

C’est en 1994 que l’histoire a fait basculer le destin de Malick Sidibé et de nombreux photographes maliens. Jamais ils n’ont imaginé que ce métier, simple gagne-pain transformerait complètement leur vie. Les Premières Rencontres africaines de la photographie de Bamako ont mis en lumière le travail extraordinaire des photographes maliens, comme Malick Sidibé et Seydou Kéïta qui est décédé en 2001. Il a fallu attendre près de 40 ans, de 1957, date de son premier reportage photo, à 1994, pour qu’une bonne partie de l’œuvre de Malick Sidibé soit connue en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Pour Malick c’était comme une sorte de « rêve éveillé », nous témoignait-il. L’enfant prodige a vu le jour à Soloba, village situé dans l’actuelle Commune urbaine de Yanfolila en 1936.

Il a glané les trophées et les distinctions. Il est devenu une star internationale. L’adresse de son studio ouvert dans le plus grand anonymat à Bagadadji en 1962 est la suivante :« Angle 19 de la rue 30 ». Elle figure dans les carnets de toutes les grandes galeries et musées du monde. Pourtant, le maestro Malick Sidibé n’a fait que des portraits et des images de manifestations de joie au début de notre indépendance. Ces photos sont vendues aujourd’hui comme des œuvres d’art majeures, au même titre que les toiles des plus grands peintres du monde. Malick Sidibé se prédestinait au dessin et à la bijouterie, deux métiers auxquels il a été formé, de 1952 à 1955, à l’école des arts du Soudan, actuel Institut national des arts (INA) de Bamako.

La photographie qu’il a choisie par intuition lui ouvrira la voie de la consécration. L’enfant de Soloba sera le premier photographe noir à obtenir le « Lion d’or de la Biennale de Venise » en Italie en 2007, l’une des plus hautes distinctions en art plastique. Auparavant, il avait reçu le prix international Hasselblad en 2003. Et en 2009, il reçoit le prix « Photo España Baume & Mercier » « pour son travail de portraitiste ». La même année, il remporte le « World press photo » dans la catégorie Arts and Entertainment.

Youssouf DOUMBIA

Source : L’Essor

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