Racki Talla et Pr Tiémoko Sangaré sur la tribune de l’Espace d’Interpellation Démocratique : La Fédération nationale des mines et de l’Energie se porte en faux contre les allégations avancées par les ministres

Racky Talla, ministre de la Fonction publique

10 décembre 2017. Le dossier de la Fédération nationale des Mines et de l’Energie était à l’ordre du jour de l’EID. Deux ministres étaient appelés à la barre. Il s’agit de madame le ministre de la fonction publique, Racki Talla et le ministre des mines, Pr Tiémoko Sangaré. Ils devraient se prononcer sur le licenciement des travailleurs des mines, les primes de rendement suite à la surproduction

Les représentants du gouvernement ont menti. C’est du moins ce qu’avancent les responsables de la fédération.

D’entrée en la matière, c’est madame le ministre Racki Talla qui défend les sociétés minières contre les travailleurs licenciés dans les mines. Ils sont au nombre de 1157 et répartis comme suit entre les mines d’or : LTA MALI SADIOLA (57°) ; BCM LOULO (462) ; IPS LOULOU (317) ; ALS BAMAKO (135) ; ENDAVOUR TABAKOTO (72) ; ANALABS MORILA (15) ; SAER SIAMA (315).

Madame le ministre évoque que les licenciements ont eu lieu pour motif : les travailleurs ont refusé de comparaitre  à la convocation du directeur national du travail. Elle avance aussi les cas d’exercice abusif du droit à la grève, le refus de négocier et le non-respect à l’endroit de la hiérarchie.

Cela est faux, clame la fédération. Des rencontres ont  eu lieu entre les deux parties. Des correspondances ont été envoyées mais le processus est resté sans suite favorable comme en témoignent cette lettre du 30 juillet 2012 pour la réunion de conciliation, le compte rendu  de la réunion envoyée par la fédération à la direction nationale du travail ; le rapport de non conciliation envoyé par le directeur national à la fédération ; la réunion de la commission de conciliation reportée le 6 août 2012 au 7 août 2012… Et pour ce qui concerne la grève, c’est un droit, explique les responsables de la fédération.

Dans les couloirs, madame le ministre aurait aussi avancé que le dossier est moins important car les mines n’occupent pas une place importante dans l’économie malienne. Très  grave ! disent les victimes.

Quant à Pr Tiémoko Sangaré, il s’attaque au secrétaire général, Monsieur Yacouba Traoré, de la fédération  nationale  des mines et de l’énergie. Ce dernier est cité comme Secrétaire général  de ALS BAMAKO alors qu’il ne l’est pas et les raisons de son licenciement évoquées par le ministre sont : Monsieur Traoré a insulté son directeur.

Dans la lettre de licenciement adressée à Monsieur Traoré, le 31 août 2012, il n’y avait pas de motif de son licenciement. Et cela a été reconnu par le ministère du travail dans une note adressée à la victime, 16 juin 2014 ; Traoré a porté plainte au niveau de la justice. Le dossier suit son cours normal. Yacouba avait gagné mais la société qui l’a licenciée ALS BAMAKO avait fait appel. Elle était parvenue à rendre nulle la première décision favorable à Monsieur Traoré qui à son tour a attaqué. La suite ? La justice n’a pas encore tranché.

Au sujet de la prime de rendement il défend la thèse selon laquelle la surproduction n’est pas due à l’effort des travailleurs et les heures supplémentaires. Cela est faux et  la décision de justice rendue en février 2015 explique tout.

Et enfin selon le ministre Sangaré, Yacouba Traoré n’a pas qualité de défendre les dossiers des travailleurs licenciés d’une ou des mines où il n’a pas travaillé.

Alors le ministre oublie que Monsieur Traoré est le représentant légal de toute une fédération qui parle au nom des mines et de l’énergie ?

Le ministre avance aussi que 500 millions avaient été payés et que les deux parties avaient convenu d’effacer carrément l’ardoise à l’amiable. Que mais à sa grande surprise, un mouvement est né de nulle part ; il n’a pas qualité à défendre un tel dossier. Les responsables de la fédération disent que cela aussi est faux et mettent le ministre au défi de fournir des documents dans ce sens. En tout cas à leur niveau, ils n’ont pas connaissance de ce règlement.

Licenciement, primes…De quoi s’agit-il exactement ?

Dans des notes adressées, au médiateur de la République, au premier ministre, au Président de la République, la fédération nationale des mines et de l’énergie parle d’une situation de prime de rendement impayée depuis plusieurs années à la suite de dysfonctionnement et au mépris des textes. En effet, à la suite d’une surproduction effectuée par la mine d’or de Morila (en exemple) où les objectifs de production avaient été doublés voire triplés, la production annuelle initialement prévue était de 11 tonnes. Mais pour les trois premières années de 2000 à 2003, la mine a produit 83 tonnes soit un dépassement de plus de 40 tonnes. Selon la convention collective, minière, géologique et hydrogéologique en République du Mali, une prime de rendement est allouée aux travailleurs pour le dépassement constaté. Après plusieurs démarches où une décision d’arbitrage de la cour d’appel de Bamako tenue le 20 février 2004 a donné raison aux travailleurs, sans le paiement de ladite prime, le 23 février 2015 les travailleurs ont obtenu la grosse d’exécution et des correspondances ont été envoyées à la direction de Morila et aux autorités  compétentes pour son exécution sans suite.

Les travailleurs se battent jusqu’à présent afin d’entrer dans leur droit. Jusqu’à présent aucune lueur d’espoir. Le dossier est passé à l’EID, ils espèrent que les conclusions seront fructueuses afin de mettre fin à la souffrance de milliers de gens à cause de ce licenciement abusif et le refus de payer les primes de rendement pour on ne sait quel dessein.

Kèlètigui Danioko


Source : Le Pays

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